Santé

Comment l'assurance privée peut-elle compléter les dispositifs publics pour les soins de longue durée ? Étude du cas britannique

Raphael wittenberg

Nationality British

Year of selection 2009

Institution London School of Economics and Political Science

Country United Kingdom

Risk Santé

AXA Projects

2.5 years

300000 €

Le financement de soins de longue durée est un défi politique d’actualité au Royaume-Uni. Quel rôle peuvent jouer les assurances privées dans ce contexte ? Raphael Wittenberg et ses confrères ont mené une étude afin d’aider les décisionnaires à répondre à cette problématique.
On estime que le nombre d’individus de plus de 65 ans au Royaume-Uni connaîtra une hausse d’environ 50% dans les 25 prochaines années, quand celui des plus de 80 ans doublera. Cette situation est préoccupante, car elle pose la question de la possibilité de financement des soins de longue durée et des retraites, ce qui alimente un débat autour de l’équilibre à trouver entre financements publics et privés.
Jusqu’ici, les assurances privées pour les soins de longue durée n’ont pas rencontré beaucoup de succès au Royaume-Uni. Peu de personnes ont souscrit à ce genre d’assurance et la plupart des entreprises ont cessé de proposer cette offre. “L’un des problèmes rencontrés semble être qu’il est difficile de fixer le prix de ces produits d’assurance, car nous ne pouvons pas prévoir avec certitude les futurs problèmes de santé et handicaps courants. Un autre obstacle est que le système de financement public est complexe et peut laisser penser à tort que les soins de santé publics sont gratuits alors que leur coût est calculé en fonction des revenus” explique Raphael Wittenberg.
Raphael Wittenberg et ses confrères du PSSRU (Personal Social Services Research Unit) à la London School of Economics, au Nuffield Trust, à l’University of East Anglia et à l’Université de Barcelone ont étudié, dans le cadre d’un projet financé par le Fonds AXA pour la Recherche, le rôle que pourront jouer les assurances privées à l’avenir : comment les produits de longue durée peuvent interagir avec les financements publics, quels frais de santé de longue durée attendre pour les personnes âgées, quels sont les primes et montants compensatoires possibles et quelle serait leur attractivité et comment estimer les dépenses de soins publics selon différents régimes de financements. Ils ont par exemple estimé que les frais de santé de longue durée moyen pour une personne qui aurait 65 ans en 2015 au Royaume-Uni s’élèveraient de 20 000£ à 25 000£ (soit environ de 25 000€ à 31 500€) pour un homme et de 40 000£ à 50 000£ (soit environ de 50 000€ à 63 000€) pour une femme, sans tenir compte de l’inflation.
Ils ont pour cela étudié des publications scientifiques et consulté des experts de l’assurance de soins de longue durée, observant ses freins et opportunités, en particulier ce qui fonctionne ou non dans d’autres pays, et ont ainsi élaboré un modèle étendu. Les résultats de leurs recherches, dont certains ont été présentés lors d’un atelier réussi en janvier 2014, seront précieux aux décideurs dans les secteurs publics et privés.

SOINS DE LONGUE DURÉE : L’ASSURANCE PRIVÉE AU SECOURS DES SYSTÈMES PUBLICS ?

Raphael Wittenberg
Principal investigator of the AXA project “Long-term care insurance”
LSE, UK

Le financement des soins de longue durée fait l’objet de débats politiques enflammés au Royaume-Uni. En effet, quel rôle accorder aux assureurs privés à l’avenir ? Raphael Wittenberg et ses collègues ont lancé une étude pour aider les décideurs à répondre à cette question.

La population britannique vieillit rapidement. Au cours des 25 prochaines années, le nombre de personnes dépassant l’âge légal de départ en retraite devrait bondir d’environ 50 % au Royaume-Uni, et l’on s’attend à ce que la population des très âgés (80 ans et plus) ait alors plus que doublé. Ces prévisions suscitent des inquiétudes quant aux futures capacités de financement des soins de longue durée et des retraites, alimentant ainsi le débat sur les contributions souhaitables des secteurs public et privé.

Jusqu’à présent, l’assurance soins de longue durée privée n’a guère rencontré le succès au Royaume-Uni. Les produits proposés ont attiré peu de souscripteurs, si bien que la plupart des offres ont été retirées. « L’un des problèmes semble découler de la difficulté à tarifer ces produits d’assurance, du fait de l’évolution incertaine de la santé et des incapacités. La complexité des systèmes publics constitue un autre problème susceptible d’amener les usagers à croire que la protection sociale est gratuite au point d’utilisation et non soumise à condition de ressources – ce qui est une erreur », souligne Raphael Wittenberg, qui dirige le programme de la Personal Social Services Research Unit (PSSRU) sur le financement des soins de longue durée des personnes âgées à la London School of Economics.

Cette question fait toutefois partie des priorités politiques. Après avoir longuement analysé les modalités de financement en Angleterre, le précédent gouvernement travailliste a annoncé, juste avant la fin de sa mandature, qu’il entendait évoluer progressivement vers la gratuité des soins. La coalition élue en mai adopte néanmoins une position divergente : le Parti conservateur préfère soutenir l’assurance privée, notamment pour la protection du patrimoine immobilier des particuliers. Aussi le nouveau gouvernement a-t-il créé une commission indépendante dont les conclusions sont attendues pour juillet, et promis un « livre blanc » d’ici la fin de l’année. Raphael Wittenberg et les chercheurs de quatre autres universités viennent de boucler un projet majeur qui permettra certainement d’étayer les propositions. Called MAP2030, cette étude financée par les conseils britanniques pour la recherche modélise l’évolution future de la population, des ressources et des besoins des personnes âgées au Royaume-Uni.

Depuis le printemps dernier, Raphael Wittenberg et ses collègues du PSSRU, du Fonds Nuffield, de l’université d’East Anglia et de l’université de Barcelone sont passés à l’étape supérieure, grâce au financement du Fonds AXA pour la Recherche, afin d’étudier plus en détail le rôle que pourraient tenir les assureurs privés à l’avenir. Il s’agit de déterminer comment les produits d’assurance soins de longue durée pourraient interagir avec les financements publics, de chiffrer le coût de la santé sur toute la durée de la vie chez les personnes âgées, de dégager les primes et indemnités envisageables ainsi que leur attractivité, et d’estimer les dépenses liées à la protection sociale en fonction des différents dispositifs d’assurance.Ce projet s’étalera sur 28 mois. « Nous avons passé en revue la bibliographie existante et consulté des experts de l’assurance soins de longue durée pour identifier les obstacles, les options possibles et en particulier ce qui marche ou non dans d’autres pays, précise l’écono miste. Nous sommes sur le point de transmettre nos conclusions aux décideurs » .

LE SYSTÈME DE FINANCEMENT ACTUEL DE LA DÉPENDANCE AU ROYAUME-UNI

  • Gratuité des soins de santé sur le lieu de prestation
  • Les soins infirmiers en maison de retraite donnent droit à une allocation forfaitaire non soumise à condition de ressources
  • L’aide à la personne (p. ex. pour manger ou s’habiller) est gratuite en Écosse (entièrement gratuite à domicile et soutenue par une allocation forfaitaire non soumise à condition de ressources en résidence) mais s’accompagne de charges pour les usagers dans le reste du Royaume-Uni
  • Les frais d’hôtel des aidants à domicile ou établissement de soins sont soumis à des charges
  • Les allocations d’invalidité ne sont pas soumises à condition de ressources.

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