Environnement

Transformation des déchets en énergie : une évaluation du potentiel bioénergétique du Nigéria

Dunsin arodudu

Nationality Nigerian

Year of selection 2018

Institution Maynooth University

Country Ireland

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

125000 €

Qu’il s’agisse de lutter contre le changement climatique, ou de résoudre les problèmes liés à la sécurité et à la dépendance énergétique, le domaine de l’énergie est sur le point de connaître d’importants bouleversements. Bien que la problématique concerne le monde entier, elle est d’autant plus critique pour la région du globe la plus pauvre en énergie : l’Afrique subsaharienne. Étonnamment, et comme le souligne le Dr Dunsin Arodudu, cette « pauvreté énergétique n’est pas due à un manque de ressources en énergie, mais à un manque de sensibilisation au potentiel de ses ressources ». Se fondant sur cette analyse, ce chercheur de l’Université de Maynooth, en Irlande, vise à évaluer le potentiel de diverses options bioénergétiques en Afrique subsaharienne. Il étudie plus particulièrement le gain net en énergie que pourraient générer les nombreux déchets organiques disponibles au Nigéria, ainsi que les terrains en friche. Il cherche notamment à savoir si ces options peuvent permettre au pays d’atteindre les objectifs ambitieux qu’il s’est fixés durant les Accords de Paris.

« Dans les discussions sur la transition énergétique, les terrains en friche et les déchets organiques sont identifiés comme des options de bioénergie durables viables, car ils n’entrent pas en conflit avec la sécurité alimentaire, explique le Dr Arodudu, et car ils n’entraînent pas de pertes pour la biodiversité que pourrait causer un changement dans l’utilisation des sols ». Au Nigéria, où la pauvreté énergétique est importante, et où les ressources en déchets organiques et en friches abondent, les processus de transformation des déchets en énergie pourraient bien constituer une solution pérenne. La question qu’il reste à élucider est la suivante : peuvent-ils produire suffisamment d’énergie pour répondre à ses besoins et à ses objectifs ambitieux quant au changement climatique ? Pour éviter toute conclusion hâtive, le Dr Arodudu cherche à s’assurer que les technologies telles que la méthanisation, qui utilise des microorganismes pour produire des carburants à partir de matériaux biodégradables, ou les technologies transformant les biomasses d’herbe et de bois en énergie, telles que la pyrolyse et la torréfaction, peuvent répondre aux attentes.

Vers une optimisation du potentiel des options bioénergétiques

« La plupart des études de ce type en Afrique subsaharienne et ailleurs utilisent des indicateurs d’énergie bruts, souligne le chercheur. C’est trompeur, car produire de l’énergie consomme de l’énergie. On sous-estime trop souvent la dépense d’énergie nécessaire pour produire de l’énergie et la transporter jusqu’à l’utilisateur final. Les résultats de telles études ne sont donc pas applicables, puisque qu’ils surestiment le potentiel réel des options bioénergétiques et des régions concernées ». Outre l’apport net en énergie, l’étude s’intéressera aussi à d’autres indicateurs, tels que l’efficacité énergétique, le rendement énergétique, le taux d’énergie net et les économies nettes en carbone. Cette approche favorisera également une autre innovation majeure : l’adoption d’une analyse de la durabilité sous deux angles distincts : une analyse indicateur par indicateur et une analyse à indices multiples. Selon Le Dr Arodudu, « la première permettra d’identifier les compromis et les synergies possibles pour maximiser le potentiel des options bioénergétiques. La seconde évaluera la durabilité globale et les contributions apportées par les options bioénergétiques pour atteindre les objectifs de transition énergétique grâce à la contribution d’acteurs importants dans les secteurs concernés ».

Face à la menace du changement climatique, la mise en place de mesures efficaces dans le secteur de l’énergie est devenue une priorité absolue. Pour agir rapidement, les décisionnaires doivent avoir accès à des études fiables et faisant clairement la part des avantages et des désavantages que présentent chacune des options disponibles. La bonne réutilisation des déchets est une voie prometteuse pour les pays subsahariens. En s’interrogeant sur le potentiel véritable de la transformation des déchets en énergie, les recherches du Dr Dunsin Arodudu arrivent à point nommé. Étant donné la contribution nationale ambitieuse prévue par le Nigeria aux Accords de Paris (COP 21), le résultat de ses recherches pourrait rapidement porter ses fruits.