Environnement

Instabilité de la calotte glaciaire : l’ensemble de l’Antarctique de l’Ouest en danger ?

Matthias mengel

Nationality German

Year of selection 2015

Institution Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung e.V.

Country Germany

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

120000 €

L'ensemble de la calotte glaciaire de l'Antarctique de l'Ouest pourrait bientôt être déstabilisée.
En 2015, plusieurs études ont relevé qu'une région, le secteur Amundsen, avait été déstabilisée, c'est-à-dire que sa glace va maintenant se déverser de plus en plus rapidement dans l'océan. L'ensemble des glaciers de la région transporte autant de glace dans l'océan que tous les glaciers du Groenland ; si toute la glace qu'ils contiennent vient à disparaître dans l'océan, cela pourrait provoquer une hausse du niveau de la mer allant jusqu'à un mètre. Cette hausse représenterait un problème majeur pour de nombreuses villes côtières à travers le monde, mais elles pourraient avoir l'opportunité de s'y préparer en amont. La question centrale de la recherche du docteur Matthias Mengel est la suivante : l'instabilité du secteur d'Amundsen pourrait-il provoquer la destruction de l'ensemble de la calotte glaciaire de l'Antarctique de l'Ouest ? La hausse possible du niveau de la mer qui en découlerait pourrait alors rendre impossible l'adaptation des zones côtières. De tels phénomènes ont déjà été observés dans l'histoire de la planète, et ils pourraient survenir à nouveau. Afin d'évaluer ce risque, le docteur Mengel a tout d'abord besoin de comprendre les dynamiques glaciaires de l'Antarctique et dans quelle mesure le changement climatique est susceptible de les affecter.

Les précédents travaux sur cette question s'appuyaient sur des études régionales à petite échelle. Les modèles informatiques disponibles nécessitaient que le secteur d'Amundsen soit étudié de façon isolée, artificiellement extrait de son environnement. Les différentes régions de l'Antarctique de l'Ouest sont en réalité reliées et la destruction de l'une d'entre elles altérerait la direction de l'écoulement glaciaire et les frontières qui les séparent. Le docteur Mengel s'appuie sur un modèle unique à échelle continentale, capable de traiter l'ensemble de la calotte glaciaire. En ajustant ce modèle aux paramètres spécifiques de la région, le chercheur sera à même de répondre aux questions sur la façon dont la calotte s'écoule après une destruction partielle et comment cela pourrait changer dans la durée, dans un contexte de réchauffement climatique.

La fonte actuelle de calottes glaciaires, leur amincissement et leur rétrécissement ont été causés par l'arrivée croissante d'eau tempérée s'écoulant vers les barrières de glace d'Amundsen, des parties des glaciers qui s'étendent et flottent sur l'eau. Leur fonte réduit la pression sur la glace derrière elles, qui accélère et s'amincit à son tour. Cela peut provoquer une réaction en chaîne qui, une fois lancée, peut mener à la désintégration de l'ensemble de la barrière de glace.
Ce phénomène est intensifié par la roche mère sous le glacier, car celle-ci est située bien en-dessous du niveau de la mer, tant et si bien qu'elle constituerait un plancher océanique s'il n'y avait pas de glace. La plupart de la calotte glaciaire de l'Antarctique de l'Ouest répond à ce critère de roche mère située en-dessous du niveau de la mer.

Une fois une partie de la calotte glaciaire déstabilisée, la hausse du niveau de la mer est inévitable. Ce qui rend cette situation particulièrement difficile à gérer est l'incertitude autour de cette question : « de combien de centimètres ? ». Ainsi que le précise le docteur Mengel, chaque centimètre est un centimètre de trop, qui augmente les dommages causés aux régions à faible altitude. Ses résultats sur le rôle attendu de la fonte des glaces antarctiques pourraient apporter des données chiffrées concrètes précieuses pour les initiatives visant à limiter cette hausse ou à s'y adapter. Le chercheur compte également partager son modèle open source en ligne afin que d'autres chercheurs puissent l'adapter aux environnements qu'ils étudient et mieux comprendre les dynamiques glaciaires à travers le monde. Plus de 150 millions de personnes vivent dans des régions pouvant être touchées par une hausse du niveau de la mer d'un mètre. Pour ces personnes, parmi lesquelles les populations de nombreux petits États insulaires et de pays en développement à faible altitude, les résultats du docteur Mengel pourraient fournir des données clés pour inciter à l'adoption de politiques plus radicales pour limiter le changement climatique et ainsi contenir la montée du niveau de la mer.

Titre scientifique : L’ensemble de la calotte glaciaire de l’Antarctique de l’Ouest va-t-elle être déstabilisée et contribuer à la hausse du niveau de la mer mondial ?

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