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Santé

Maladies non transmissibles : des services de rééducation dans les milieux à faibles ressources

Martin heine

Nationality Netherlands

Year of selection 2017

Institution

Country South Africa

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

2 years

112433 €

Les maladies non transmissibles (MNT) comme les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires et le diabète représentent 70 % des décès dans le monde. En raison des facteurs environnementaux et comportementaux, les pays à revenu faible et intermédiaire sont affectés de manière disproportionnée par ces maladies, comptabilisant plus des trois-quarts des décès (31 millions) liés aux MNT. Souvent désignées sous le terme de maladies chroniques, les MNT sont généralement de longue durée et entraînent la plupart du temps de sérieux handicaps qui peuvent faire obstacle à la pleine participation des patients à la société. Dans de nombreux pays à revenu élevé, les traitements habituels pour gérer sur le long terme les MNT incluent la rééducation. A contrario, dans les pays à revenu faible et intermédiaire, la rééducation et les soins de suite tels que la kinésithérapie, le suivi psychologique, l’orthophonie et l’ergothérapie sont souvent très limités. En réponse à ces inégalités, le Dr Martin Heine de l’université Stellenbosch du Cap étudie leur faisabilité dans les milieux à faibles ressources. Son objectif est à la fois de démontrer la nécessité de programmes de rééducation et de recherche rentables pour les pays à revenu faible et intermédiaire, et de comprendre les conditions nécessaires à leur mise en œuvre.

« Comme indiqué par l’Organisation Mondiale de la Santé en 2017 (#REHAB2030), les raisons expliquant le manque de disponibilité de services de rééducation abordables sont complexes, mais on peut citer les problèmes de budget de santé publique, une législation inadéquate, le manque de qualification des prestataires de santé et l’absence de données probantes suite à des essais contrôlés randomisés (ECR) portant sur l’impact de la rééducation dans les pays à revenu faible et intermédiaire », souligne le Dr Martin Heine. En écho au plan d’action de l’OMS, sa bourse post-doctorale lui permettra de poursuivre deux objectifs : d’abord, il « testera la faisabilité et les caractéristiques essentielles d’une intervention de rééducation minimale axée sur le patient et spécifiquement conçue pour les milieux à faibles ressources. » ; puis il engagera « une réflexion sur la méthodologie de recherche et la conception d’une étude pour un essai clinique à grande échelle sur l’efficacité de cette intervention de rééducation axée sur le patient ».

Prouver que les interventions de rééducation à coût modéré peuvent faire la différence

L’équipe du projet sera basée au Cap, en Afrique du Sud, une ville avec des disparités de revenus extrêmes. « Le fait que la ville regroupe en son sein des établissements de santé onéreux, mais aussi des infrastructures rudimentaires et toute une gamme de capacités intermédiaires, fournit une bonne base de comparaison », souligne le Dr Martin Heine. Ce projet est divisé en trois études interdépendantes, dont la première consistera à réaliser une analyse systématique des ECR sur les interventions de rééducation pour les patients atteints de MNT dans les milieux à faibles ressources. Pour ce qui est des deux autres études, le projet examinera plus précisément une zone urbaine fortement peuplée et extrêmement pauvre appelée Bishop Lavis, qui compte 55 000 habitants, dont 56 % souffrent d’une ou plusieurs maladies non transmissibles. Dans cet environnement à faibles ressources, l’équipe comparera les résultats obtenus par un simple test de marche de 6 minutes par rapport à l’activité physique habituelle, et conduira ses propres essais cliniques randomisés. Au cours d’une période d’un an, ces études permettront d’évaluer la faisabilité d’un programme de rééducation axé sur le patient en plus des soins habituels, en comparaison avec les seuls traitements normalement administrés.

Cette bourse post-doctorale s’intègre dans un engagement à plus long terme dans le cadre du plan d’action #REHAB2030 récemment lancé par l’OMS. « Deux projets passionnants à venir complètent bien la proposition actuelle », explique le Dr Martin Heine. « Le premier projet aura pour objectif d’organiser une collaboration à 360 degrés afin de développer un cadre de rééducation pour les maladies chroniques dans les milieux à faibles ressources, avec des experts pluridisciplinaires non nécessairement issus des professions médicales. Le second projet consistera à valider le cadre de rééducation développé au sein de l’infrastructure existante d’Avian Park, un complexe installé dans un conteneur maritime servant de centre d’apprentissage communautaire, au nord de la ville du Cap ». Le but ultime de ces deux projets est de prouver l’intérêt de la rééducation pour les MNT dans les milieux à faibles ressources qui ne disposent de pratiquement aucune infrastructure pour la gestion de telles maladies.