Environnement

Prévision des risques liés au changement climatique pour les pêcheries commerciales et l’aquaculture fondée sur des approches génétiques et physiologiques des stades de vie précoces du poisson

Cosima porteus

Nationality Canadian

Year of selection 2012

Institution University of Exeter

Country United Kingdom

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

30000 €

Sons et odeurs dans un océan acidifié

Le changement climatique est partout et ses effets s’observent dans l’air, sur terre et dans la mer. Les niveaux croissants de dioxyde de carbone sur Terre interagissent avec l’eau de mer et la rendent plus acide. Ce changement de la composition chimique de l’eau affecte à la fois l’odorat des organismes – on a par exemple observé que l’odeur de prédateurs allait jusqu’à attirer certains poissons – et la façon dont le son se déplace dans l’eau, ce qui donne plus de portée aux sons en basse fréquence. Les sons et les odeurs sont des vecteurs d’information primordiaux pour les animaux lorsqu’ils cherchent à éviter des prédateurs, trouver de la nourriture ou identifier un partenaire. Cosima Porteus s’est donc demandé comment la hausse de l’acidité de l’océan affecterait le comportement d’un poisson important pour notre approvisionnement en nourriture : le bar commun. Les conséquences qu’elle a observées pourraient affecter leur survie.
La chercheuse a tout d’abord identifié que, dans une eau de mer où ont été simulées les conditions à venir prédites, la sensibilité de leur odorat était diminuée de moitié et certaines odeurs devaient même être quatre fois plus concentrées pour être détectées par ces poissons. Cela signifie que le bar devrait se trouver bien plus près de l’origine de l’odeur afin de reconnaître un prédateur à l’approche, par exemple. Les bars sont également familiers du son que produisent les espèces dont ils sont les proies. L’aiglefin, par exemple produit un certain son lorsqu’il cherche un partenaire. Bien que cela puisse alerter le bar de la présence d’un prédateur, le comportement de ce dernier ne devrait pas être affecté outre mesure, car il saura avec certitude que l’aiglefin n’est pas en train de chasser. C’est encore le cas dans les conditions océaniques actuelles, mais dans un environnement acide, Cosima Porteus a découvert que les jeunes réduisaient leur activité en entendant les sons produits par les aiglefins. On ne sait pas vraiment pourquoi l’acidification de l’océan mènerait les bars communs à adopter ce comportement, qui semble extrêmement précautionneux. Cependant, à cause de celui-ci, ces poissons pourraient passer moins de temps dans des activités nécessaires à leur survie, comme trouver de la nourriture ou des partenaires. Cosima Porteus cherche maintenant à découvrir ce qui provoque ces changements comportementaux au niveau génétique. Cette altération de leur comportement pourrait bien représenter une question de vie ou de mort pour les bars communs et d’autres espèces marines dont les écosystèmes et nous, humains, sommes dépendants.

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Toujours plus de CO2 dans les eaux perturbe l’odorat et le comportement des poissons

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