Santé

Chaire sur la Longévité et le Bien-Vieillir

Carol jagger

Nationality British

Year of selection 2009

Institution Newcastle University

Country United Kingdom

Risk Santé

Chairs

5 years

750000 €

Espérance de vie en bonne santé

Contrairement au vin, la santé ne se bonifie pas avec le temps. C'est pourquoi il est crucial d'améliorer non seulement l’espérance de vie, mais surtout « l'espérance de vie en bonne santé », les années vécues dans un corps sain.
Le professeur Carol Jagger, porteur de la Chaire AXA sur la longévité et le bien-vieillir au sein de la renommée Newcastle University, étudie les multiples facteurs qui contribuent à une vieillesse réussie : notre façon de faire face à certaines événements, une attitude positive envers la vie en général, les facteurs socio-économiques tels que l'éducation, la richesse, etc. Elle s'intéresse particulièrement au régime alimentaire, à l'exercice physique et aux interactions sociales. L'objectif de son programme de recherche est la compréhension exhaustive des mécanismes à travers lesquels ces bonnes habitudes améliorent l'espérance de vie en bonne santé.
On associe en général une vieillesse réussie à la propension à éviter les maladies. Cependant, on peut aussi penser qu'il est peu probable de ne jamais tomber malade pendant nos vieux jours. À travers l'étude « Newcastle 85 ans et plus », Carol Jagger montre qu'en réalité, à un âge avancé, on peut développer jusqu'à quatre ou cinq maladies tout en continuant à mener une vie indépendante et socialement très active. Cela montre bien combien il est important de prendre en compte l'avis des personnes âgées lorsqu'il s'agit de définir la santé.
L'espérance de vie augmente de nos jours, mais l'espérance de vie sans handicap progresse moins vite et semble même décliner dans certains pays d'Europe. Cela signifie que le nombre d'années de handicap augmente, ce qui conduit à une inflation du handicap. Carol Jagger affirme qu'il ne suffit pas de prolonger la vie en bonne santé. Il faut surtout faire en sorte de prolonger la vie en bonne santé au delà de ce que l'on gagne en durée de vie, afin de réduire les années de maladie. C'est pourquoi elle s'attache à mieux comprendre les facteurs qui impactent positivement le vieillissement. Les travaux de Carol Jagger devront contribuer à établir de nouvelles tendances du vieillissement en Europe. Il s'agit principalement de trouver les causes des fortes inégalités dans l'espérance de vie en bonne santé, entre pays européens et à l'intérieur de ceux-ci, ainsi que de dresser un tableau parlant de la santé des populations sur les vingt prochaines années. Ses résultats auront un intérêt pour les décideurs, dès lors qu'il s'agira pour établir les politiques publiques de savoir combien d'années de vie supplémentaires seront vécues en bonne santé, afin de répondre aux attentes d'une population vieillissante en termes de services de santé, de soins prolongés, et de retraites.

Vivre mieux et plus longtemps ?

Carol Jagger
Porteuse de la Chaire AXA-Newcastle sur la Longévité et le Bien-Vieillir
Université de Newcastle, Royaume-Uni.

Carol Jagger est reconnue dans le monde entier pour son expertise sur l’espérance de vie en bonne santé. Son travail se situe à l’interface entre la démographie et l’épidémiologie afin d’anticiper et d’analyser les futures tendances du vieillissement, un champ de recherche où beaucoup reste à faire. Carol Jagger a aussi contribué à l’élaboration du premier Système européen sur la santé et l’espérance de vie (EHLEIS), qui a dégagé des variations considérables de l’espérance de vie sans incapacité à 55 ans d’un pays européen à l’autre. Ce constat est d’une importance capitale pour les responsables de la planification des politiques publiques de l’UE, et contribuera certainement de manière tout aussi intéressante au débat actuel sur le relèvement de l’âge du départ en retraite.
Du fait de l’allongement de l’espérance de vie dans les pays développés, le « grand âge » représente aujour - d’hui la part de la population qui croît le plus rapidement. Mais ces personnes de 85 ans ou plus, souffrant souvent de maladies et d’incapacités liées à l’âge, profitent-elles de ces années supplémentaires dans de bonnes conditions ? « La situation demeure floue, avoue Carol Jagger, titulaire de la chaire AXA sur la longévité et le bien-vieillir à l’université de Newcastle. Nous manquons encore de données de qualité pour pouvoir répondre à cette question, mais nous y travaillons sans relâche à Newcastle. »
L’une des difficultés que rencontrent les chercheurs est le manque d’études comparables à différents moments. « L’évolution de l’espérance de vie est en général bien connue dans la mesure où les données de mortalité sont couramment collectées depuis longtemps dans la plupart des pays développés, précise Carol Jagger. Mais concernant la santé, c’est différent. Au Royaume-Uni, la majorité des enquêtes régulières n’incluent pas les personnes très âgées hébergées dans des établissements de soins de longue durée. S’il est nécessaire d’incorporer ce groupe pour refléter fidèlement l’état sanitaire de la population, cela s’avère aussi particulièrement important pour saisir les tendances du grand âge en terme de santé et de besoins. »
Jusqu’à présent, les statistiques disponibles dans le monde ont montré que la santé évoluait différemment selon les pays. « Entre les années 1990 et le milieu des années 2000, les études menées aux États-Unis suggéraient que les individus dépassant l’espérance de vie ne souffraient pas d’incapacité. Cependant, des données plus récentes indiquent que ce n’est désormais plus vrai pour toutes les catégories de personnes âgées, car l’obésité commence à peser sur les Américains entrant dans le troisième âge. » Là encore, la situation est différente au Royaume-Uni, où l’on a observé une hausse de l’incapacité. « Les chiffres de l’Office national des statistiques montrent que l’espérance de vie en bonne santé n’a pas augmenté autant que l’espérance de vie, si bien qu’en général, les personnes qui vivent au-delà ne sont pas en bonne santé », souligne Carol Jagger.
Les recherches actuelles devraient déboucher sur des conclusions plus claires. Depuis ces cinq dernières années, Carol Jagger assure une partie de la direction de l’étude « Newcastle 85+ Study » du Conseil pour la recherche médicale britannique. Il s’agit d’un projet d’envergure visant à évaluer de façon très détaillée l’éventail complet de la santé et du vieillissement d’une cohorte composée de plus d’un millier de personnes de 85 ans dans la région. « Nous avons établi que la totalité des participants à l’étude étaient malades, l’absence de maladie étant un critère habituel de bon vieillissement. Néanmoins, 20 % d’entre eux étaient autonomes dans 17 activités de la vie quotidienne, et un certain nombre vivaient extrêmement bien, avec une bonne santé mentale et de manière très active ». Cela remet en cause la notion du bien-vieillir chez les plus âgés. « Nos définitions doivent tenir compte de l’avis des personnes âgées elles-mêmes, affirme Carol Jagger. Beaucoup sont malades et certaines sont fragiles, mais elles peuvent se considérer en bonne santé pour leur âge et jouir d’un bien-être élevé ».


La santé mentale constitue un autre problème majeur, puisque la prévalence de la démence et de la déficience cognitive dépend fortement de l’âge. Sur ce point, le Conseil pour la recherche médicale a lancé une étude intitulée « Cognitive Function and Ageing Study », dans laquelle intervient Carol Jagger, et qui permettra bientôt de comparer des enquêtes répétées à 20 années de distance. Il s’agira notamment d’établir si le meilleur niveau d’éducation des 65 ans et plus débouchera sur une amélioration des fonctions cognitives et un déclin ralenti. Cette nouvelle étude servira également à mettre à jour les estimations du coût futur de l’incapacité avec l’évolution du tableau de morbidité, qui constitue l’un des objectifs de MAP 2030 (Modelling Ageing Population to 2030), une vaste initiative multidisciplinaire visant à étudier les besoins et les ressources des personnes âgées au Royaume-Uni.

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