Socio-Economie

Montrer l'exemple : une perspective évolutive de la prise de décision en groupe

Andrew king

Nationality British

Year of selection 2008

Institution Institute of Zoology

Country United Kingdom

Risk Socio-Economie

Post-Doctoral Fellowship

1 year

60000 €

Les singeries du pouvoir

Depuis 1900, 28 élections se sont succédé aux États-Unis. Dans 75 % des cas, c’est le candidat le plus grand qui l’a emporté. Un pourcentage aussi élevé indique qu’il ne s’agit pas d’une simple coïncidence. Il s’agit de ce qu’Andrew King appelle « héritage évolutionniste ». La tendance à suivre le plus grand était logique quand les êtres humains habitaient dans la savane africaine, chassaient le buffle et devaient résoudre les conflits entre tribus. Aujourd’hui, cette propension à suivre le plus grand est encore ancrée dans nos gènes, et cette donnée biologique pourrait contribuer à expliquer ces résultats étranges.
Les animaux non humains peuvent aussi s’organiser en sociétés complexes. Andrew King est biologiste évolutionniste et tente ainsi d’identifier les mécanismes qui sous-tendent les décisions sociales des animaux vivant en groupes, comme la prise de risque ou l’émergence d’un individu dominant, et de les comparer aux comportements humains.
Dans le cadre de sa thèse, A. King a observé les babouins vivant à l’état sauvage en Namibie pour étudier la manière dont le chef est « choisi ». Ces singes ne choisissent pas l’individu le plus grand ; celui qui prend la tête du groupe émerge en fonction de la structure de ce dernier. Aussi est-ce l’individu qui jouit du réseau social le plus développé et donc de la plus vaste influence qui devient dominant.
A. King ne s’intéresse pas qu’aux primates. Pour mieux comprendre les origines de la socialité et des comportements de dominance, il a étudié des groupes de poissons et découvert que ceux qui présentaient une composition « bien équilibrée » (en termes de tempérament ou personnalité des individus) étaient plus à même de prendre des décisions risquées que les ensembles constitués de façon aléatoire. Il semble ainsi que la diversité soit un élément crucial à la survie du groupe.
Dans la mesure où le comportement des animaux non humains vivant en groupes n’est pas aussi complexe que le nôtre, King a pu établir des parallélismes avec nos comportements et expliquer certains de leurs moteurs. Ses travaux ont enfin identifié quelques principes fondamentaux qui gouvernent le comportement social ; ces principes peuvent expliquer certains des problèmes de management qui nous déconcertent, et, plus important encore, notre capacité d’adaptation au changement.

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