Santé

Système immunitaire des mères, VIH et naissances prématurées

Nadia chanzu

Nationality Kenyan

Year of selection 2015

Institution University of Cape Town

Country South Africa

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

3 years

120000 €

Si les traitements antirétroviraux sont très efficaces pour empêcher la transmission du VIH entre une mère et son fœtus, ceux ci sont cependant exposés à des effets indésirables. Les femmes enceintes séropositives sont en effet bien plus susceptibles d'accoucher prématurément que les autres. Lorsqu'ils ne naissent pas prématurément, leurs nourrissons sont également souvent en insuffisance pondérale à la naissance, ou petits pour l’âge gestationnel, et souffrent de bien plus de problèmes de santé que les autres lors de leurs premières années de vie.

Le docteur Nadia Chanzu pense que les traitements antirétroviraux pour le VIH et les mauvais déroulements de grossesses ont un rapport avec l'équilibre délicat du système immunitaire des mères lors du développement du fœtus. L'infection au VIH, les traitements antirétroviraux, ainsi que le mauvais état de santé des mères pourraient perturber l'équilibre immunitaire existant entre une mère et son fœtus. Cet équilibre qui se fait au niveau du placenta est connu sous le nom d’état de tolérance immunologique. Le bon fonctionnement de ce processus est crucial, car le placenta est la seule connexion physique entre la mère et l'enfant in utero. Le placenta a notamment pour rôle de protéger le fœtus d'infections telles que le VIH et empêche le rejet du foetus par le système immunitaire de la mère. En effet, étant « mi-maman, mi-papa », il serait détecté comme un corps étranger à celui de la mère sans ce système de tolérance.

La grossesse nécessite donc un fort degré de régulation immunitaire, dont le docteur Chanzu souhaite étudier les mécanismes lors de sa recherche en Afrique du Sud. Comparer l'état immunitaire de femmes enceintes infectées par le VIH et celui de femmes enceintes en bonne santé l'aidera à mieux comprendre la structure et la fonction normale du placenta en développement. La chercheuse va se concentrer en particulier sur une population de cellules régulatrices appelées Treg, impliquées dans les ajustements précis du système immunitaire lors de la grossesse. On pense en effet que ces cellules peuvent empêcher le corps de la mère de rejeter le fœtus et assurent l’état de tolérance. Le docteur Chanzu suppose que le nombre de ces cellules très spécialisées change lorsque la mère séropositive est traitée avec des antirétroviraux. Au niveau immunitaire, la grossesse est un équilibre délicat entre tolérance et inflammation, et si les cellules régulatrices sont déstabilisées, il y a de fortes chances pour que l'inflammation prenne le dessus et que l'enfant naisse prématurément.

Les naissances prématurées sont liées à un million de décès chaque année, et les nourrissons nés de mères séropositives sont particulièrement exposés. Le docteur Chanzu espère que sa recherche permettra de montrer que la prise d'antirétroviraux par des mères séropositives provoque des épisodes inflammatoires non régulés dans le placenta et altère l’état de tolérance. Ces informations pourraient constituer un point de départ pour l'élaboration de nouveaux traitements qui aident à réduire de tels événements et ainsi limiter le nombre de naissances prématurées chez ces populations vulnérables.

Titre scientifique : Identification des facteurs de risques immunologiques associés aux effets indésirables sur la naissance dans des cas de VIH in utero et d’exposition à des traitements antirétroviraux

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