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Socio-Economie

Des rayons X pour mieux préserver les œuvres d’art

Marta melchiorre di crescenzo

Nationality Italian

Year of selection 2017

Institution The National Gallery - Scientific Department, London

Country United Kingdom

Risk Socio-Economie

Post-Doctoral Fellowship

2 years

125000 €

L’assombrissement du jaune des tournesols de Vincent Van Gogh et la décoloration du bleu outremer de Vermeer sont des exemples notoires de ce que l’usure du temps fait subir aux tableaux. De tels processus de dégradation ou d’altération peuvent avoir un impact considérable sur leur esthétique  et sur leur interprétation. Pour mettre en place des stratégies de conservation efficaces et sur mesure, les musées doivent avoir une connaissance approfondie des matières constitutives du tableau (pigments, support de peinture, vernis…) et de leur répartition. Les technologies d’imagerie de pointe offrent des perspectives prometteuses pour de telles investigations. Contrairement aux méthodes d’analyse les plus courantes qui nécessitent un prélèvement, les techniques d’imagerie sont non invasives et peuvent offrir une vision d’ensemble. « Bien que l’analyse d’échantillons fournisse de précieuses informations sur un point spécifique d’un tableau, celles-ci ne sont pas forcément représentatives de l’état du tableau dans son ensemble », souligne le Dr Marta Melchiorre Di Crescendo, de la National Gallery de Londres. C’est la raison pour laquelle l’objectif de son projet est d’évaluer le potentiel de deux techniques de pointe prometteuses et complémentaires, encore rarement utilisées dans les applications de conservation : la spectroscopie par réflectance de l’imagerie hyperspectrale (HSI) et le macro-balayage de fluorescence à rayons X (MA-XRF).

« L’analyse MA-XRF utilise les rayons X pour déterminer la composition élémentaire des matériaux présents dans un tableau. Les données peuvent être traitées pour produire une série de cartes distinctes montrant la répartition spatiale des différentes éléments. Celle-ci peut ensuite être corrélée avec la répartition des différents matériaux », explique le Dr Marta Melchiorre Di Crescendo. « Quant à l’analyse HSI, elle utilise le rayonnement visible comme le rayonnement infrarouge pour caractériser certaines des spécifiés et des matériaux d’un tableau, avec une résolution spectrale et spatiale très élevée. Elle peut ainsi être utilisée pour identifier et cartographier la répartition des différents matériaux sur la surface du tableau et, dans une certaine mesure, à l’intérieur des couches. » « L’utilisation combinée de ces systèmes devrait permettre l’identification des matériaux associés aux phénomènes de dégradation des tableaux, tout en évitant ou en réduisant les risques associés au prélèvement de micro-échantillons », poursuit notre experte en conservation.

Où l’Art rencontre la Science

L’objectif du projet est double : déterminer dans quelle mesure les techniques MA-XRF et HSI peuvent aider à comprendre la propension de certaines matières (pigments et liants) à subir des processus de détérioration, et analyser leur potentiel en tant qu’outils d’évaluation de l’état des tableaux et de guide pour la conservation. Pour atteindre ces objectifs, le projet se déroulera en deux étapes consécutives. La première établira les protocoles MA-XRF et HSI optimisés, et la seconde mettra ces méthodes en pratique. « Pendant la phase initiale, ces deux techniques d’imagerie seront testées sur des matières de référence, des reconstitutions de peintures et une petite sélection de tableaux de la London Gallery. La comparaison des résultats obtenus avec les deux nouvelles techniques d’analyse non invasive et avec des techniques d’analyse plus traditionnelles permettront l’optimisation des protocoles MA-XRF et HSI », précise le Dr Marta Melchiorre Di Crescendo. « Ce n’est qu’ensuite que les protocoles MA-XRF et HSI optimisés seront utilisés pour analyser un grand nombre de tableaux de la National Gallery et pour dévoiler de nouvelles informations sur l’état des tableaux et sur la dégradation d’un ensemble sélectionné de peintures. »

La Science et l’Art entretiennent un lien bien particulier et partagent de nombreux points communs.Pour commencer, les deux sont capables d’apporter un éclairage sur l’autre. Des projets comme celui du Dr Marta Melchiorre Di Crescendo, qui utilisent la science pour analyser les œuvres d’art, jouent un rôle essentiel pour assurer la pérennité de notre héritage culturel.Le résultat de ses recherches offrira un regard neuf et unique sur l’avenir et le passé des tableaux, ouvrant la voie à des stratégies de conservation sur mesure ainsi qu’à une interprétation éclairée.