Environnement

Du mouton aux insectes : l’impact des herbivores sur le sol et les plantes de la toundra

Isabel barrio

Nationality Spanish

Year of selection 2015

Institution University of Iceland

Country Iceland

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

120000 €

La toundra est un écosystème plutôt simple si l'on considère le nombre d'espèces qu'elle abrite. Les différentes forces qui agissent sur cet écosystème et les défis qu'il a à affronter en raison du changement climatique n'ont en revanche rien de simple. Cette complexité est révélée par les interactions entre un certain nombre d'herbivores, les plantes dont ils se nourrissent, et la terre qui leur permet de se tenir en vie. Le docteur Isabel Barrio se rend en Islande, où les parcours de toundra sont des lieux de pâturage très importants pour les nombreux moutons que compte le pays, mais aussi les herbivores sauvages.
Ces animaux affectent les dynamiques de l'écosystème en raison de leur alimentation, mais aussi car ils piétinent la végétation. Leur activité amplifie également l'érosion des sols, qui représente une véritable menace pour la région et des régions similaires. En effet, le sol islandais est volcanique et fin.
Il est également à craindre que le changement climatique n'aggrave la situation. Le docteur Barrio cherche à comprendre comment le pâturage de l’ensemble des herbivores affecte la dégradation des sols, dans quelle mesure les plantes peuvent s'en remettre et quelle réponse les humains peuvent apporter.

En Islande comme dans d'autres régions de hautes latitudes, le réchauffement climatique se développe à une vitesse inédite, ce qui rend la toundra particulièrement vulnérable. Les événements météorologiques extrêmes liés au changement climatique, tels que les pluies torrentielles, risquent d’intensifier l’érosion des sols. La toundra met déjà en temps normal beaucoup de temps à se remettre de perturbations et les premiers organismes capables de re-coloniser les terres arides, comme les mousses et les lichens, pourront difficilement s'adapter à une hausse des températures. Le docteur Barrio compte adopter une approche novatrice pour examiner le rôle des herbivores dans cette situation. Tandis que la plupart des études se sont principalement intéressées aux vertébrés, en raison de leur taille et impact plus importants, elle entend observer l'effet de l'ensemble des herbivores de l'écosystème, dont les moutons, les oies et même les insectes. L'influence de ces invertébrés, petits, mais nombreux, est susceptible d'évoluer, car ceux-ci sont sensibles aux températures extérieures et dépendent de celles-ci. Si l'un de ces facteurs provoque un déséquilibre trop important de l'écosystème, on pourrait assister à une dégradation complète des pâturages.

A travers différentes expériences, le docteur Barrio va explorer tout un panel de conditions environnementales. Elle compte clôturer des parcelles afin d’observer l’influence des moutons sur les sols en comparant les zones où ils sont présents et celles auxquelles ils ne peuvent pas accéder.
La chercheuse va porter son attention sur les zones souffrant de risques d'érosion plus ou moins importants, selon leur quantité de végétation et l'âge de leur sol, les sols volcaniques jeunes étant plus fragiles face aux risques d'érosion. Elle va évaluer l'impact de ces différents paramètres sur la pousse des plantes et leur floraison sur le court terme ; et sur le long terme, l'altération possible de la variété de plantes poussant dans la toundra.

La possibilité que cet écosystème subisse des dommages irrévocables présente clairement des risques pour la biodiversité et met en péril l'élevage de moutons, qui tient une place importante dans la culture islandaise. Grâce aux connaissances obtenues à l'issue de ses études, le docteur Barrio pourra conseiller les éleveurs sur les périodes durant lesquelles faire paître leurs troupeaux dans les hauteurs ou sur le nombre de moutons que la toundra peut supporter, afin de limiter les risques environnementaux. Ses résultats pourraient être précieux pour les pratiques de restauration de terrain.
Ils seront également utiles pour des écosystèmes similaires, tels que les sommets des montagnes, ou des lieux confrontés aux mêmes problématiques, par exemple l'Australie et la Nouvelle Zélande, où le bétail joue également un rôle important sur l'érosion des sols. Le docteur Barrio explique que l'Islande souffre de la dégradation de ses sols depuis le début des années 1900. A l'heure où le changement climatique menace d'aggraver ce problème, il est grand temps d'agir, en Islande comme ailleurs.

Titre scientifique : L’influence des populations d’herbivores sur les écosystèmes de la toundra suite aux changements anthropique apportés au sol et au climat

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